| « Pour autant que nous puissions en juger, l'aquarium de Touraine souffre au-delà de ses défauts de jeunesse d'un vrai problème de leadership avec une exposition qui se démantèle pour une part et vieillit de l'autre sans pouvoir bénéficier d'une signalétique adaptée aux exigences d'une exposition permanente.
L'exposition se démantèle en effet car l'intrusion d'un département tropical et d'un espace marin en lieu et place de réalisations originales vient bouleverser une muséographie déjà problématique. Le langage du renouvellement cache ici comme bien souvent un vice de forme qui est pour l'entreprise l'impossibilité de réaliser en temps et en heure les extensions des bâtiments dont elle aurait dû bénéficier afin d'enrichir ses nouvelles collections sans avoir besoin de cannibaliser les anciennes.
L'exposition vieillit et c'est là amplifié par son manque de fini muséographique un effet direct de sa désarticulation avant même que les nouveaux départements n'aient pu atteindre une taille critique susceptible d'assurer leur autonomie de fonctionnement.
L'exposition en l'absence d'une signalétique adaptée parvient difficilement à stabiliser ses collections, si bien que le guide de visite général comme celui destiné aux enseignants n'en sont que des succédanés. Peu sûr de l'avenir, on investit dans l'imprimé ce que l'on a gagné sur la pierre, quitte à modifier une saison l'autre un guide devenu obsolète.
Plus grave peut-être encore, l'image de marque de l'aquarium se banalise. Misant au départ sur des poissons continentaux d'une taille respectable toujours présentés en groupes grâce à la capacité de rétention de ses bassins, le faible nombre d'espèces qu'il abritait (autour de 75) était compensé par la promotion d'un concept original qui aujourd'hui n'a plus lieu d'être, alors même que son positionnement de généraliste le met à présent directement en concurrence avec des établissements équivalents sinon mieux cotés.
L'aquarium de Touraine, qui avait adopté une stratégie de niche en se lançant dans la course au gigantisme sur un créneau spécifique, ne peut plus dès lors communiquer sur ce seul critère. Il lui faut définir un nouveau couple marché/produit en renouvelant la formule qui avait fait la fortune des aquaboulevards tout en cherchant à s'assurer sur le mode des centres de sciences et techniques le soutien du public scolaire. » |