Accueil









étude marketing . réunions de conso . tables rondes . micro-trottoir

 

[ -études & marketing- ]

"Construire un audit de marché, c'est fonder une démarche prospective sur la mesure de la performance et du risque".

Segmentation stratégique

Domaine d'activités stratégiques : les facteurs clefs du succès, les couples besoins/marchés :

  • La stratégie

« On peut d'après ce constat analyser rétrospectivement la stratégie qui fut majoritairement adoptée par l'ensemble de la filière dans les années 80. Elle coïncide grosso modo avec une stratégie de spécialisation marquée par l'exploitation d'un savoir-faire sur " le marché traditionnel " des visiteurs de musées (même produit/mêmes clients), par une volonté de développement du marché en direction des groupes (mêmes produits/nouveaux clients) enfin par le renouvellement de l'offre lié à l'effet tunnel notamment (nouveaux produits/mêmes clients). Bien que cette première phase ne soit pas encore caduque, loin s'en faut le milieu des années 90 annonçait un changement de direction initiée par quelques grands opérateurs (le groupe Durand-Allizé, l'aquarium de Boulogne sur mer).

Le marché est aujourd'hui le reflet de ces options qui traduisent à la fois la recherche d'une domination par les coûts et celle d'une politique d'écrémage fondée sur la prise en compte de la courbe d'expérience du public. L'apparition de grands opérateurs visant l'ensemble du secteur marque également la fin de la stratégie de renouvellement du marché par le jeu de la segmentation sur des créneaux trop étroits comme l'aquarium continental tempéré ou l'aquarium tropical marin, après une course aux volumes et à la présentation d'espèces d'exception qui se soldèrent par l'explosion de " produits me too ".

Deux modèles de gestion de portefeuille sont aujourd'hui à l'épreuve, l'un s'applique à démultiplier " l'effet exposition " par la recherche de nouvelles attractions sur lesquelles viennent se greffer des services périphériques qui constituent autant de centres de profit réunis dans un univers cohérent alors que l'autre regroupe un ensemble de parcs consacrés à l'exploitation de produits génériques capables chacun de satisfaire des cours de cible différents à l'intérieur d'un environnement familial. »

  • Les risques
« Nous avons souligné la capacité intégrative des parcs aquariums (traduite par une offre globale de dépaysement, de convivialité, de trivialité, d'animation, d'hyperchoix, de restauration, etc.) mais il est clair que pareil avantage a sa contrepartie dans l'instabilité de la demande, la sensibilité du produit aux marchés concurrents, la dilution de l'image de marque et les effets pervers qui naissent en amont d'une bulle spéculative mal maîtrisée. Une autre conclusion s'impose d'elle-même et c'est celle de la situation du produit par rapport à son marché, il s'agit non pas d'un produit nouveau sur un marché existant comme dans le cas de la véritable innovation technologique ni d'un produit établi sur un marché saturé (cas de la reformulation) mais d'un produit ancien sur un marché émergent. (prix/produit/distribution/communication). »
  • Cycle de vie
« Marché secondaire pour les fournisseurs d'équipements et de substitution pour le grand public, marché d'excursionnistes et de vacanciers, très dépendant en saison haute du tourisme de masse, la forte standardisation du parc des aquariums publics à travers le monde encourage l'instauration de cycles de vie de plus en plus courts : 6 ans pour des structures de moyenne importance (entre 300 000 et 400 000 visiteurs l'an), 10 peut-être pour les plus conséquentes (entre 500 000 et 800 000) ; passé ce délai il faut investir dans de nouvelles extensions, car la faible assiduité du public entraîne loin des métropoles des taux de revisite insignifiants. »
  • La standardisation de l'offre à l'international

« La standardisation de l'offre à l'international plaide en ce sens mais accroît d'autant l'arrivée de produits de substitution sur le marché volatil de la consommation de masse comme le laisse supposer les choix récents de certains apporteurs de capitaux. Il semble bien aujourd'hui que ce soit à la marge de ces grands complexes trop perméables à la concurrence internationale pour faire autre chose que de se livrer à la surenchère du contenant au nom d'une virtuosité technique toujours plus affirmée qu'il faille réinventer le produit avec la culture et le style de vie qui lui correspondra. En deçà la visibilité commerciale des offreurs prête le flan à toute la gamme des loisirs organisés capables de retenir l'attention du public familial, au delà c'est l'association des activités de shopping, dining et d'entertaining dans des formules spécifiques conçues pour séduire un public de destination, " des couples à la recherche d'une soirée combinant un dîner, un voyage virtuel, une boîte de nuit et une séance de cinéma " (James Zoltak, Amusement Business, 8 Janvier 1996) qui préfigure l'avenir du parc thématique en milieu urbain (cf. Underwater world de Singapour) , quand il ne sera pas l'instigateur d'une nouvelle politique de la ville. Des " cités promotionnelles " surgissent ainsi de terre comme en Floride et à Manhattan où au parc thématique traditionnel s'adjoint des centres de vacances, des théâtres, des installations sportives et des ensembles résidentiels (Disney, M.C.A, Time-Warner, Paramount/Viacom pour les marchés européen, asiatique, proche-oriental et sud-américain).

Risque de substitution d'un coté de dilution de l'autre pour un produit conçu comme un média grand public dont l'engouement a toujours reflété l'évolution de la perception du réel à travers la stratification des conventions issues de la peinture (le trompe l'oil), du théâtre (le diorama), du cinéma (le surrounding), de la technologie 3 D (l'interactivité) l'aquarium de promesse de jouissance est devenu pour le public l'apprentissage de la déception. C'est pourquoi contrairement aux autres parcs thématiques son audience " spontanée " est-elle maximale la première année pour décroître les suivantes. »

  • Synthèse sur le système concurrentiel

« Le système concurrentiel sur lequel s'appuie cette stratégie prend mieux en compte la vulnérabilité du chiffre d'affaires aux aléas de la conjoncture liées à l'évolution de la filière, de l'activité et du secteur. Trois variables déterminent le niveau de vulnérabilité :

  • La turbulence, qui traduit les modifications du secteur à travers l'évolution de la demande, de la technologie et de l'action des concurrents ;
  • L'accessibilité, qui reflète les barrières à l'entrée du secteur ;
  • La complexité, définie par le nombre et les interrelations entre les acteurs de la pression concurrentielle (fournisseurs, clients, entrants potentiels, institutions) ;

Bien que la partie centrale de chaque niche soit abritée, leurs frontières sont évolutives et en concurrence sévère (surtout à l'international), la turbulence et la complexité du secteur entraînent alors la nécessité de se doter d'instruments de veille concurrentielle pour se prémunir contre l'arrivée de produits de substitution. Par contre la faible accessibilité du secteur réduit la menace de nouveaux entrants tandis que la technicité de la chaîne de valeur élimine de facto les produits " me too " sans plus value réelle. Au repositionnement du produit correspond aujourd'hui une double approche en terme de volume et de différenciation à partir du marché fragmenté de la fin des années 1980 marqué par le faible dimensionnement des exploitations et leur difficile pérennité comme par l'existence de marges diverses et instables. L'affrontement entre des conceptions si différentes d'un même produit conduit les protagonistes à ne plus se prévaloir du même métier tout en reléguant la majorité des opérateurs historiques sur un marché en impasse. Sur ce type de marché l'avantage concurrentiel obtenu n'est plus déterminant car trop facilement acquis il favorise en conjoncture haute une rentabilité de l'investissement indépendante de la part de marché contrôlée. Aussi aucun concurrent ne cherche t-il à bénéficier d'une part de marché élevée. La rentabilité moyenne des opérateurs ne leur permet pas bien souvent d'atteindre le petit équilibre et la carence des investissements de dégager des externalités positives mesurables. »


haut de page